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Évaluation et autonomisation : enjeux, pratiques et perspectives : Double symposium organisé à l'ADMEE Europe

Formation et professionnalisation

  • 2026
French L’évaluation occupe une place centrale dans les dispositifs d’enseignement et d’apprentissage des formations professionnalisantes (Paquay et al. 2010). Si elle remplit traditionnellement une fonction certificative, elle tend à s’ouvrir à des dimensions formatives, réflexives et participatives (Birenbaum et al., 2015). Dans ces contextes, l’un des enjeux majeurs réside dans sa capacité à favoriser l’autonomie des étudiants, entendue ici comme le développement de leur capacité à s’auto-réguler, à prendre en charge leur apprentissage, et à adopter une posture d’acteur dans leur parcours de formation (Zimmerman, 2002). Lajoie et Harel (2019) soulignent ainsi l'importance d’une évaluation qui implique activement les étudiants dans le processus d’évaluation. Selon eux, l’évaluation formative, en particulier, peut devenir un outil puissant pour favoriser cette autonomie, en permettant aux étudiants de mieux comprendre leurs propres processus d’apprentissage et d’adopter une posture réflexive.
Si la recherche montre que l’évaluation peut soutenir la responsabilisation des apprentissages et la construction de l’identité professionnelle (Dory et al, 2009), elle en souligne également les limites et recommande d’associer systématiquement cette pratique à une rétroaction externe provenant de formateurs ou de pairs pour atteindre le développement professionnel recherché (Black & William, 2009 ; Boud & Molloy, 2013). Lemoine (2011) fait valoir que les feedbacks continus conditionnent l’implication des étudiants dans leur propre progression. Il souligne l’importance de la rétroaction constructive, centrée sur l’apprenant et orientée vers l’amélioration continue des compétences, plutôt que sur la simple validation de connaissances. Cette approche repose sur l'idée que l’évaluation peut être utilisée comme un outil pédagogique puissant pour aider les étudiants à développer leur conscience réflexive et leurs compétences métacognitives.
Ce symposium vise à interroger les liens entre modalités d’évaluation non certificatives (évaluation formative, autoévaluation, évaluation par les pairs, rétroaction dialoguée, etc.) et autonomisation des apprenants dans l’enseignement supérieur et, plus particulièrement dans la formation des futurs enseignants. Il s’agit d’explorer comment l’évaluation peut être conçue non seulement comme un outil de mesure, mais aussi comme une posture afin de constituer un levier pédagogique à même de renforcer la motivation, l’engagement, la métacognition et les responsabilités respectives des acteurs de la formation (formateurs de terrain, formateurs HEP et institutions apparentées, étudiants) (Carless & Boud, 2018).

Sur cette base, nous identifions trois questions :
• Quels mécanismes l’évaluation formative met-elle en œuvre pour stimuler la prise de décision autonome, la régulation de l’apprentissage et le développement de l’esprit critique chez les acteurs de la formation ?
• Quelles compétences transversales (capacité réflexive, collaboration, résolution de problèmes) sont spécifiquement développées par des dispositifs évaluatifs favorisant l’autonomisation ?
• Quel rôle la diversité des outils et modalités d’évaluation joue-t-elle dans le processus d’autonomisation des étudiants ?

Ce symposium se veut un espace de dialogue réunissant chercheurs, praticiens et responsables pédagogiques. Il s’inscrit dans une perspective critique et constructive sur les pratiques évaluatives, et invite à repenser les rapports entre évaluer, apprendre et devenir un professionnel autonome.
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  • French
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